Historique

L’ostéopathie est né à la fin du 19ème siècle aux Etats-Unis avec Andrew Taylor STILL (1828-1917) qui a posé les grands principes de l’ostéopathie moderne. Celle-ci c’est enrichie grâce aux travaux de SUTHERLAND, WERNHAM, HALL, LITTLE JOHN, MITCHELL… Introduite en Angleterre au début du 20ème siècle, elle connaît un essor européen grandissant depuis 1980. Largement médiatisée, le succès de son efficacité et son innocuité prouvée a permis une reconnaissance légale en France par un texte de loi en mars 2002 et l’application des décrets en 2007.

L’ostéopathie en bref

L’osteopathie, une médecine holistique

Plus qu’une méthode, c’est un concept basé sur un principe biomécanique simple : « Ce qui est mobile fonctionne correctement ».

Ainsi l’ostéopathie se caractérise par un ensemble de pratiques manuelles que le praticien utilise, après avoir fait un examen détaillé et un diagnostic précis de la mobilité structurelle, tissulaire, viscéral et crânienne de l’ensemble du corps humain. L’ostéopathie tient compte de la globalité de l’organisme et son but est de rééquilibrer tous les systèmes en dysfonction pour leur rendre leur mobilité propre et les faire fonctionner en bonne harmonie afin de rétablir et conserver l’holistisme.

Comme d’autres pratiques (homéopathie, acupuncture) l’ostéopathie se définit comme une pratique holistique prenant en compte la globalité de l’organisme du patient mais aussi son comportement psychologique personnel et au sein de la société.

L’exemple simple de la mère et de l’enfant illustre tout à fait cette vision, il n’est évidemment pas question de soigner le nouveau-né en dehors du contexte familial et notamment de la relation maternelle.

L’ostéopathie est donc une pratique originale qui s’adresse à de nombreux types de pathologies fonctionnelles (celles-ci représentant 80% des affections répertoriées par l’OMS) et traumatiques et pour lesquelles la médecine allopathique essentiellement médicamenteuse est bien souvent démunie.

Il cherche l’origine et traite la cause des troubles fonctionnels en déterminant les indications et les contre-indications de son traitement. Le diagnostic ostéopathique est basé sur un interrogatoire complet, l’observation de la posture, des tests palpatoires spécifiques et grâce à une anamnèse détaillée permet de déterminer le traitement adapté. Ce diagnostic est complété par les bilans médicaux habituels (examens sanguins, radiologie…).

L’examen du patient

C’est la grande originalité du concept ostéopathique que de considérer l’organisme dans son ensemble. Cet étape fondamentale dans l’abord de nos patients, prend en compte les diverses composantes de la biomécanique humaine :

  • La mécanique articulaire, la plus connue mais d’une extrême complexité puisqu’il n’est pas seulement question ici d’envisager uniquement la bonne mobilité de chaque articulation prise une à une, mais aussi de les envisager dans l’équilibre postural général (scoliose, cyphose, lordose, genu-valgum etc.) ou dans la mise en jeu dans un geste sportif, artistique ou professionnel d’un complexe articulaire avec son environnement fonctionnel.
  • La mécanique crânienne fut longtemps considérée par certains courants ostéopathiques comme la base de notre pratique. Actuellement, suite à plusieurs travaux scientifiques, cette mouvance crânienne n’est qu’une particularité biomécanique spécifique du crâne. Le crâne bouge effectivement, mais pas par une mouvance ésotérique et mystérieuse mais pour s’adapter aux tensions inévitables liées aux autres fonctions du crâne notamment posturales, mandibulaires, oculomotrices. Cette mouvance du crâne autorisée par le jeu infime des « plaques » crâniennes au niveau des sutures, permet à la boite crânienne de protéger le cerveau des compressions, distorsions et autres traumatismes dont il serait le siège s’il était « bloqué ».
  • La mécanique viscérale enfin, complexe et subtile, faite de plan de glissement des organes et de leurs feuillets (péritoine, plèvres, épiploons et autres fascias) dont la perte de souplesse synonyme de perturbation circulatoire génère à terme des désordres dépassant le seul cadre articulaire. Comme l’affirmait Claude BERNARD « ce qui circule bien fonctionne bien »Ce qui explique que l’ostéopathie intervient souvent avec succès sur des pathologies fonctionnelles type constipations, reflux gastro-oesophagien, hernie hiatale hémorroïdes et autres.

De plus, si l’essentiel de l’examen est manuel, la construction du diagnostic fait aussi appel aux technologies les plus modernes (bilan sanguin, radio, échographie, ostéo-densitométrie, scanner, IRM, arthroscanner etc.). Ces examens sont souvent nécessaires par ailleurs pour établir un diagnostic d’exclusion permettant d’écarter avant traitement, des pathologies dont le traitement ne serait pas ostéopathique (cancer, ulcère, phlébite,..).

Le Traitement

Composé essentiellement de techniques manuelles, le traitement aura donc pour but de rééquilibrer les désordres biomécaniques suivants le diagnostic posé au préalable. S’ensuivra un nouvel examen d’évaluation en fin de traitement, afin d’apprécier l’effet de celui-ci. Les séances seront en général espacées afin de laisser le patient retrouver son équilibre, le temps que l’organisme de celui-ci s’adapte à ses nouveaux repères. La séance suivante commencera donc nécessairement par un nouvel examen afin d’apprécier l’efficacité du précédent traitement et adapter le nouveau traitement.

Les Techniques

Un traitement ostéopathique s’adresse à la globalité de l’organisme. Pour être complet il est nécessaire d’agir sur différentes structures par des techniques appropriées choisies par le praticien en fonction de son acquis, son savoir-faire, de la clinique de la morphologie du patient et de sa propre morphologie. On distingue les techniques :

  • Structurelles avec thrust : indirect, semi-direct, direct, toggle-recoil. Utilisées pour les normalisations vertébrales, articulaires périphériques et musculaires. Le thrust est une manipulation articulaire sans forcer celle-ci et qui respecte la physiologie de l’articulation. Elle s’accompagne souvent d’un claquement articulaire qui signe l’efficacité de la manœuvre et sa normalisation.
  • Structurelles sans thrust : « muscle-energy », trigger point de Jones. Utilisées pour les normalisations vertébrales, articulaires périphériques et musculaires.
  • Viscérales avec manipulation des organes pour déspasmer, défibroser, redonner de la mobilité.
  • Tissulaires : normalisation des tensions fasciales, libération des adhérences
  • Crâniennes avec libération des sutures crâniennes par techniques directes contre la dysfonction ou indirecte en aggravant la dysfonction.
  • Crânio-sacrées avec équilibration des membranes de tensions réciproques, équilibration des quatre diaphragmes, SOT de DEJARNETTE (normalisation par cales au niveau du bassin).
  • De relance globale au moyen du GOT, dynamisation respiratoire, étirements dynamiques.

Les indications de l’ostéopathie

L’ostéopathe traite les troubles fonctionnels qui affectent l’organisme, en agissant sur l’origine de ces troubles et pas seulement sur les symptômes qui en sont les conséquences.

Il agit sur tout type de dysfonction :

  • Les dysfonctions de l’appareil locomoteur intéressant la colonne vertébrale, le bassin et les membres. Lombalgies, lumbagos, cervicalgies, torticolis, PSH, tendinites, épicondylites, entorses. Effets mécaniques des gestes répétitifs (sportifs, artistiques, professionnels) tendinites, fractures de fatigue, algoneurodystrophies. Douleurs lombaires et sciatiques de la femme enceinte et post accouchement.
  • Les pathologies neurologiques périphériques. Sciatiques, NCB, névralgies inter-costales, névralgie d’ARNOLD, névralgies faciales, trijéminale.
  • Les dysfonctions viscérales. Troubles digestifs : colites, constipations, ballonnements, dysfonctions hépato-biliaires. Troubles génito-urinaires : dysfonctions gynécologiques, dysménorrhées, cystites, post-partum.
  • Les troubles ORL. Rhinites, sinusites, otites.
  • Les troubles neurovégétatifs. Stress, anxiété, trouble du sommeil, vertiges, céphalées, migraines, acouphènes.
  • Les suites de traumatismes. Chutes, entorses, « wiplash » séquelles de fractures, faux mouvements, mauvaises positions.
  • Les troubles posturaux. Liés à un déséquilibre des pieds, des ATM, de l’axe crânio-sacré. Effets des contraintes des postures maintenues (travail devant écran, parcours automobiles, surmenage) entraînant des maux de dos, courbatures, insuffisances circulatoires. Scolioses et autres dysharmonies vertébrales de l’adolescent.
  • Prévention dans le but d’éviter les déséquilibres posturaux, de prévenir les accidents sportifs tels tendinites, déchirures, claquages, de prévenir l’apparition de l’arthrose.
  • Les troubles de l’enfant et du nourrisson. Liés à un accouchement difficile, une grossesse perturbée, une malposition utérine, une scoliose. Incidents périnataux du nouveau-né comme les torticolis, dissymétrie crânienne, reflux gastro-œsophagien.

Notre champ d’application s’il est vaste n’est pas pour autant illimité, mais seul le diagnostic d’un praticien confirmé pourra poser l’indication du traitement ostéopathique ou saura vous orienter vers une pratique plus appropriée en regard de l’affection.

Qui sont les ostéopathes?

Avant 2007 le nombre d’ostéopathes en France formés de façon complète dans des écoles anglo-saxonnes ou différentes écoles européennes était estimé à environ 5000 professionnels. Seuls 2000 praticiens environ exerçaient exclusivement l’ostéopathie. La grande majorité (80%) des ostéopathes étaient des kinésithérapeutes DE. Ceux-ci avaient suivi un cursus d’ostéopathie de 1225 heures sur six ans pour présenter un certificat d’ostéopathie (CO) sanctionnant leurs études, leur permettant de soutenir un mémoire aboutissant à diplôme d’ostéopathie (D.O.).

Des médecins (10%) ayant suivi des formations complémentaires et des ostéopathes issus d’un enseignement à plein-temps (10%) exerçaient exclusivement l’ostéopathie.

Les autres praticiens exerçant l’ostéopathie étaient le plus souvent kinésithérapeutes et se partageaient entre ces deux spécialités.

Depuis la parution des décrets, obtenue laborieusement, le monde de l’ostéopathie en France a bien évolué. Avant 2007, le nombre de praticiens exerçant l’ostéopathie était estimé à peu près à 25000. Il semblerait que seuls 12000 aient déposé un dossier de reconnaissance auprès des DRASS. En attendant que l’administration donne les chiffres définitifs on pense que le nombre d’ostéopathes ayant l’autorisation d’user du titre d’ostéopathe et inscrits en préfecture serait d’approximativement 7000.

Les mutuelles

D’après plusieurs études socio-économiques, les soins ostéopathiques sont d’un coût 7 fois moins élevés que celui des soins allopathiques pour un traitement similaire. L’ostéopathie étant dans le domaine des traitements des troubles fonctionnels souvent bien plus efficace que la médecine classique. Les soins d’ostéopathies ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale, mais de plus en plus de mutuelles prennent en charge tout ou partie des consultations d’ostéopathies en fonction de leurs accords et à condition que l’ostéopathe remplisse certaines conditions (D.O., inscription au sein d’un organisme reconnu officiellement).

Le thérapeute doit donner à la fin de sa consultation une attestation faisant office de facture pour la mutuelle. Les mutuelles prenant en charges les actes ostéopathiques modifiant régulièrement leurs conditions il est préférable de contacter l’organisme pour confirmation.